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Cancer de l’Enfant en Suisse remet son Prix pour la recherche

La cérémonie officielle de remise du Prix pour la recherche de Cancer de l’enfant en Suisse s’est déroulée le 1er juin 2022 à Berne. Le prix, doté de 25 000 francs, a été décerné à Andrea Timpanaro, un jeune chercheur de l’Hôpital de l’Île à Berne. Son projet de recherche novateur a pour but de développer un nouveau type d’immunothérapie pour les rhabdomyosarcomes (RMS), qui comptent parmi les tumeurs malignes des tissus mous les plus fréquentes chez les enfants et les adolescents. Par ce prix pour la recherche, l’association faîtière récompense chaque année de jeunes scientifiques qui mènent des projets remarquables et porteurs d’avenir dans le domaine de la recherche fondamentale au sein d’instituts de recherche ou d’hôpitaux suisses. Cancer de l’Enfant en Suisse s’est entretenu avec Andrea Timpanaro.

 

Monsieur Timpanaro, vous êtes spécialisé dans les rhabdomyosarcomes chez les enfants et les adolescents. Que signifie exactement ce terme et qu’est-ce qui rend ces types de tumeurs particulièrement intéressantes pour la recherche fondamentale ?

Les rhabdomyosarcomes appartiennent au groupe des sarcomes dits des tissus mous. Ces types de tumeurs rares et malignes peuvent se développer dans les tissus mous comme les muscles, le tissu conjonctif, les vaisseaux sanguins et lymphatiques, les nerfs et les tissus adipeux. Chez les enfants et les adolescents, les sarcomes des tissus mous représentent environ 15 pour cent de tous les cancers, et les rhabdomyosarcomes sont les plus fréquents. Les sarcomes des tissus mous regroupent de nombreux sous-groupes de tumeurs et leurs causes ne sont toujours pas élucidées. Le fait que seul un petit nombre de patients soient concernés et que les tumeurs des tissus mous ne constituent pas un groupe de tumeurs homogènes font qu’il est particulièrement difficile de les étudier et de les traiter. Toutefois, approfondir nos connaissances sur les causes et les différences génétiques des différents sarcomes pourrait contribuer à améliorer les possibilités actuelles de traitement des jeunes patients atteints de cancer. 

 

Votre travail a été récompensé par le Prix pour la recherche de Cancer de l’Enfant en Suisse. En quoi consiste exactement votre projet ?

Mon projet de recherche vise à développer des cellules CAR-T pour le traitement des rhabdomyosarcomes. La thérapie par cellules CAR-T est une immunothérapie qui, en termes simples, consiste à modifier génétiquement des cellules immunitaires humaines afin qu’elles reconnaissent et combattent de manière ciblée les cellules cancéreuses. La technique utilisée consiste à prélever des cellules immunitaires, appelées lymphocytes T, dans l’organisme, de les préparer en laboratoire et de les multiplier avant de les réinjecter au patient. Les cellules CAR-T sont déjà utilisées avec succès chez les enfants atteints de leucémie. Nous étudions en laboratoire si cette technologie innovante peut également être utilisée pour traiter des tumeurs solides comme le rhabdomyosarcome. Pour ce faire, nous avons modifié génétiquement les cellules CAR-T pour qu’elles reconnaissent une cible spécifique sur les cellules de rhabdomyosarcome, s’y attachent et combattent ainsi très efficacement le cancer. Les premiers résultats de nos recherches sont très prometteurs, car nous avons pu montrer que ces cellules CAR-T ont une grande efficacité anti-tumorale. Si d’autres études ne révèlent pas d’effets secondaires et que l’efficacité de ces cellules CAR-T se confirme, nous pourrons considérer que nous avons mis au point un traitement prometteur contre le rhabdomyosarcome. Toutefois, avant que celui-ci ne soit officiellement autorisé, il devra encore faire l’objet d’études cliniques supplémentaires. Je suis néanmoins convaincu que nous sommes sur la bonne voie.

 

Pourquoi la recherche fondamentale est-elle importante et dans quelle mesure peut-elle contribuer à faire avancer le traitement de ces cancers ?

Je pense que la recherche fondamentale est essentielle pour l’avenir de la science en général. Chaque médicament, chaque traitement, chaque remède doit d’abord être développé, validé en plusieurs étapes avant d’être autorisé. S’agissant du rhabdomyosarcome, la chimiothérapie et la radiothérapie ont permis de réaliser certains progrès au cours des dernières décennies, mais les formes métastatiques de ce cancer agressif restent difficiles à traiter. La thérapie par cellules CAR-T est très prometteuse et j’espère qu’à l’avenir, nous pourrons l’utiliser pour combattre avec succès les tumeurs solides. Notre objectif est de développer des cellules CAR-T qui permettront de traiter rapidement et efficacement les rhabdomyosarcomes chez les enfants et les adolescents, sans risque de rechute. Pour y parvenir, la recherche fondamentale a toutefois besoin de moyens suffisants. C’est pourquoi nous sommes très heureux de cette reconnaissance et de ce soutien financier de la part de Cancer de l’Enfant en Suisse.

 

Qu’est-ce qui vous motive le plus dans votre travail ?

Je suis très heureux de travailler à l’hôpital pédiatrique de Berne, car je suis entouré d’enfants tous les jours. Néanmoins, en voyant des enfants atteints de maladies comme le cancer, je réalise tout ce que nous devons encore améliorer pour eux et pour leur avenir. C’est ce qui me motive le plus. Et j’aime profondément être chercheur, car je suis fasciné par l’élaboration de nouvelles stratégies et la formulation d’hypothèses qui doivent ensuite être vérifiées. Mon plus grand souhait pour l’avenir est de créer quelque chose d’important pour que les enfants puissent être guéris et avoir la chance de devenir des adultes en bonne santé. Le chemin à parcourir est encore long et cet objectif ne peut être atteint qu’en unissant nos forces, avec l’aide des médecins, des chercheurs et bien sûr des sponsors.